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Publié par Jardinage-entomologique

Pour bien connaître la biodiversité et son évolution dans le temps, il est nécessaire de mettre en place de nouveaux outils plus performants que ceux actuellement disponibles.

Dans le cas des insectes, par exemple, un grand nombre d'espèces, et particulièrement celles qui sont les plus intéressantes pour la biodiversité (pollinisateurs, régulateurs des populations de ravageurs, proies pour les jeunes gallinacées, ...) vivent une partie de leur cycle sur une ressource méconnue, le pollen des fleurs.

Le pollen, en dehors de son rôle dans la pollinisation des plantes à fleurs, est une source alimentaire majeure, car il contient souvent une bonne teneur en protéines, et en micro-éléments. Certaines espèces d'insectes sont directement liées à cette ressource pour leur approvisionnement en protéines, c'est le cas de nombreux hyménoptères.


















Or lorsqu'on évalue la biodiversité, on se limite pour l'instant à noter la présence et à l'absence de telle ou telle espèce sur un territoire. Nous avons développpé un outil permettant de travailler sur la ressource pollen, grâce à un système d'Information géographique couplé à des bases de données spécialisées.

Ce système permet de cartographier la végétation et d'en déduire une valeur pollinifère tenant compte de l'intérêt des plantes à pollen (ce qui en est connu, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine).

On obtient par exemple des cartes hebdomadaires de potentiel, qui permettent de montrer les fortes différences de potentiel d'une semaine à l'autre sur un territoire, par exemple :

Cette cartographie, couplé à l'utilisation de colonies d'abeilles bioindicatrices de l'environnement équipées de capteurs de température, permet de mieux qualifiier la réalité du potentiel en temps réel, en tenant compte du microclimat dans la zone étudiée, et le cas échéant de l'offre quantitative réelle en pollen, évaluée sur la base du contenu de trappes à pollen posées sur les ruches.



















C'est bien entendu un outil relativement complexe, utilisé par des bureaux d'étude environnementaux, par exemple dans des applications sur les bioindicateurs.

Mais cette méthode ouvre des perspectives intéressantes pour l'étude concrète de l'évolution intra-annuelle de la biodiversité, et de l'anticipation de celle ci en fonction de la ressource pollinique. Rien n'empêcherait par exemple d'affourager ponctuellement en pollen des zones contenant des espèces pollinivores à fort intérêt patrimonial, dans le but de leur permettre de boucler un cycle de reproduction qui serait compromis en cas de disette.

Par ailleurs, les teneurs en protéines des pollens pourraient être complétées par l'étude de leur contenu en acides aminés, ce qui permettrait peut être de donner des informations globales sur la capacité nutritionnelle du milieu. Cela demande un tri manuel des pollens afin d'obtenir des quantités suffisantes de pollens pour l'analyse chimique, qui est par ailleurs extrêmement couteuse, avis aux sponsors.


















D'autres applications sur le suivi des pollens allergènes seraient également envisageables, mêmes si beaucoup d'entre eux sont entomophiles, on pourrait éditer des cartes de sources tenant compte du pouvoir allergène du pollen des différentes espèces.

Etc... du travail en perspective pour les 100 prochaines années.

Michel BOCQUET

Pour les applications sur les abeilles, voir aussi le blog de Michel Bocquet, (http://michelbocquet.over-blog.com/)consultant spécialisé sur les abeilles, en production ou dans leur utilisation comme bioindicateur, qui fait partie de notre équipe. On y voit par exemple ce petit film présentant l'autre facette du potentiel apicole, la production de nectar semaine après semaine.



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