Quantcast

Présentation

Techniques entomologistes

Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 11:50

Pas facile de reconnaître les insectes : c'est petit, ça bouge tout le temps, et souvent ça pique.

Voici un petit dispositif ingénieux pour résoudre tous ces problèmes sur le terrain, sans blesser l'insecte.  C'est Jacques Bordon, éminent naturaliste de l'Est de la France,  qui nous l'a présenté lors d'une sortie terrain avec des étudiants de BTS Gestion et Protection de la Nature du lycée agricole de Poisy, sur les monts du Vuache.

Il s'agit simplement de deux verres en plastique transparent, dont l'un est éculé, raccourci et couvert d'une feuille de plastique extensible. L'autre est du même modèle, mais reste entier et l'on y colle un petit morceau de mousse.

Voilà ce que cela donne :



Le mode d'utilisation est simple : capturez l'insecte avec le verre supérieur (ou via un filet ou autre dispositif) et coincer l'animal grâce au second verre. N'appuyez pas trop, juste ce qu'il faut pour le maintenir immobile et permettre une bonne observation des caractéristiques de reconnaissance, ailes, pattes, antennes, différentes couleurs, etc.



Si l'insecte n'est pas dans le bon sens, pas de problème, relachez l'éteau et laissez le gambader dans l'espace libre, puis avec un peu de patience et quelques petites secousses, mettez le sur le dos par exemple, et resserrez légèrement pour maintenir la position immobile.

Bien entendu, vous relachez ensuite l'insecte dans la nature...

Bonnes observations.

Michel BOCQUET

 



Par Jardinage-entomologique - Publié dans : Techniques entomologistes - Communauté : Microcosmos
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 19:04

Pour bien connaître la biodiversité et son évolution dans le temps, il est nécessaire de mettre en place de nouveaux outils plus performants que ceux actuellement disponibles.

Dans le cas des insectes, par exemple, un grand nombre d'espèces, et particulièrement celles qui sont les plus intéressantes pour la biodiversité (pollinisateurs, régulateurs des populations de ravageurs, proies pour les jeunes gallinacées, ...) vivent une partie de leur cycle sur une ressource méconnue, le pollen des fleurs.

Le pollen, en dehors de son rôle dans la pollinisation des plantes à fleurs, est une source alimentaire majeure, car il contient souvent une bonne teneur en protéines, et en micro-éléments. Certaines espèces d'insectes sont directement liées à cette ressource pour leur approvisionnement en protéines, c'est le cas de nombreux hyménoptères.


















Or lorsqu'on évalue la biodiversité, on se limite pour l'instant à noter la présence et à l'absence de telle ou telle espèce sur un territoire. Nous avons développpé un outil permettant de travailler sur la ressource pollen, grâce à un système d'Information géographique couplé à des bases de données spécialisées.

Ce système permet de cartographier la végétation et d'en déduire une valeur pollinifère tenant compte de l'intérêt des plantes à pollen (ce qui en est connu, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine).

On obtient par exemple des cartes hebdomadaires de potentiel, qui permettent de montrer les fortes différences de potentiel d'une semaine à l'autre sur un territoire, par exemple :

Cette cartographie, couplé à l'utilisation de colonies d'abeilles bioindicatrices de l'environnement équipées de capteurs de température, permet de mieux qualifiier la réalité du potentiel en temps réel, en tenant compte du microclimat dans la zone étudiée, et le cas échéant de l'offre quantitative réelle en pollen, évaluée sur la base du contenu de trappes à pollen posées sur les ruches.



















C'est bien entendu un outil relativement complexe, utilisé par des bureaux d'étude environnementaux, par exemple dans des applications sur les bioindicateurs.

Mais cette méthode ouvre des perspectives intéressantes pour l'étude concrète de l'évolution intra-annuelle de la biodiversité, et de l'anticipation de celle ci en fonction de la ressource pollinique. Rien n'empêcherait par exemple d'affourager ponctuellement en pollen des zones contenant des espèces pollinivores à fort intérêt patrimonial, dans le but de leur permettre de boucler un cycle de reproduction qui serait compromis en cas de disette.

Par ailleurs, les teneurs en protéines des pollens pourraient être complétées par l'étude de leur contenu en acides aminés, ce qui permettrait peut être de donner des informations globales sur la capacité nutritionnelle du milieu. Cela demande un tri manuel des pollens afin d'obtenir des quantités suffisantes de pollens pour l'analyse chimique, qui est par ailleurs extrêmement couteuse, avis aux sponsors.


















D'autres applications sur le suivi des pollens allergènes seraient également envisageables, mêmes si beaucoup d'entre eux sont entomophiles, on pourrait éditer des cartes de sources tenant compte du pouvoir allergène du pollen des différentes espèces.

Etc... du travail en perspective pour les 100 prochaines années.

Michel BOCQUET

Pour les applications sur les abeilles, voir aussi le blog de Michel Bocquet, (http://michelbocquet.over-blog.com/)consultant spécialisé sur les abeilles, en production ou dans leur utilisation comme bioindicateur, qui fait partie de notre équipe. On y voit par exemple ce petit film présentant l'autre facette du potentiel apicole, la production de nectar semaine après semaine.



Par Jardinage-entomologique - Publié dans : Techniques entomologistes - Communauté : Ecologie et Environnement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 22:15
S'abriter pour se réchauffer : L'insecte réagit différemment à la chaleur par rapport aux mammifères que nous sommes, c'est pour cela que les abris auront la plupart du temps une exposition suffisante pour disposer à leur entrée un peu de soleil au moins le matin.

Comme il ne régule pas sa température, l'insecte, lorsqu'il fait froid, entre dans une sorte de léthargie, de laquelle il a la possibilité de ressortir, par exemple lorsqu'on met un insecte au frigo, il peut "reprendre vie" lorsqu'on le remet à température ambiante.

Les insectes trouvent la chaleur dans l'air ambiant, ou au soleil, mais s'ils ont a disposition suffisamment de ressources alimentaires, ils peuvent émettre de la chaleur, principalement grâce à l'activité de leurs muscles, dont une grande partie se trouve dans le thorax, d'où une température supérieure de celui ci par rapport au reste du corps.

Ci dessous un exemple avec une photo infra rouge prise avec une caméra spécialisée, on voit la forme générale de l'insecte, ici une abeille, avec le thorax qui est légèrement plus chaud que le reste du corps. (la tête est vers le bas, l'abdomen vers le haut) et la droite.

L'abeille est à ce titre un exemple particulier, puisque prise individuellement, elle se comporte comme les autres insectes, comme un "animal à sang froid", alors que la colonie dans son ensemble se comporte comme un homéotherme (comme nous) car collectivement elles maintiennent dans la grappe qu'elles forment une température constante, et bien plus élevée que l'air ambiant en hiver. En été aussi d'ailleurs, elles régulent leur température, par l'intermédiaire de l'évaporation de l'eau, et par une ventilation active. De même la grappe est alors moins serrée, pour éviter de se tenir trop chaud.






Par Jardinage-entomologique - Publié dans : Techniques entomologistes - Communauté : La nature et ses secrets
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 27 juillet 2008 7 27 /07 /Juil /2008 09:24

Dans la série des technique utilisables pour le diagnostic, adaptée au très petits insectes, impossibles à repérer à l'oeil nu. Les pièges style pièges à glu, de couleur généralement jaune, très attractifs pour les insectes.

Ici, montré dans le cadre d'une utilisation pour rechercher des microlépidoptères et de minuscules acariens prédateurs durant l'été 2005.

On pose les pièges dans le site à diagnostiquer, de quelques heures à quelques jours, puis on récolte la plaque avec ses insectes, et on essaie d'identifier le résultat de la pêche.

Tout ça est très petit, il faut absolument une loupe binoculaire pour reconnaître quoi que ce soit.

Michel BOCQUET






Par Jardinage-entomologique - Publié dans : Techniques entomologistes - Communauté : Microcosmos
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 22:38

Pour ce soir, le roman d'une chasse (photo) nocturne, qui nous permet de vous présenter une technique naturaliste adaptée aux insectes de nuit... une soirée qui remplace avantageusement un bon film à la TV, pendant laquelle vous pouvez également profiter des nombreux bruits de la nuit (pour notre part, jeune renard à proximité semble-t-il). Un bon moyen aussi pour attirer les chauve-souris, trop heureuses de profiter du festin.

C'était le 20 juin dernier, l'un des plus long jours de l'année, ce qui nous a laissé le temps pour se préparer. Malheureusement c'était un soir de pleine lune, en général peu favorable aux observations. Le temps était un peu frais, malgré une belle journée très chaude, la température s'est lentement approchée des 12°C vers minuit.

Seules quelques illustrations sont placées ici, d'autres ont été mises dans l'album photo consacré à cette soirée.

Installation de la table, de la moustiquaire et du tube lumineux, branché sur la batterie du véhicule (à l'arrière)

















Voilà ce que celà donne en configuration finale, avec un joli bleu, qui attire tout ce qui vole à quelques centaines de mètres alentours, pour peu que vous vous soyez placés dans un endroit dégagé (et un peu isolé, ça surprend le voisinage !)

 

Notez le matériel du parfait entomologiste : les ouvrages de détermination, le carnet de notes, le crayon, la pince à épiler, la binoculaire, sans oublier l'appareil photo.

Ensuite il suffit d'attendre, et les insectes arrivent par vagues successives, La récolte a été bonne, elle fera l'objet d'un autre article, je voulais ici vous présenter la technique.

Voici le résultat, en bleu sans le flash, en bas avec le flash. Bonne pêche !



Par Jardinage-entomologique - Publié dans : Techniques entomologistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés